Changement de comportement après la rupture

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# 11/01/2013 à 09:16 jco
Bonjour à tous,

April m'a proposé de visiter ce site. Je me permets de venir y déposer un message. J'ai lu que certains parlaient un peu de leur reconstruction.
Je suis séparée depuis 11 mois. Mon ex compagnon depuis près de 12 ans était un Pn, il m'a quittée pour une jeune femme. J'étais devenue trop vieille pour lui, et j'étais, selon ses termes, "morte".
Comme beaucoup, j'ai connu le choc, chagrin, le manque, l'incompréhension, les mille "pourquoi", les ruminations, le chaos. Ce fut la période où j'ai été en danger physique. Et puis, il y a eu la colère. Et un début de désir de vivre autre chose. Mais je n'ai plus de repères et j'ai l'impression de ne plus savoir "comment on fait" pour vivre avec les autres. J'ai été coupée du monde si longtemps.
J'ai rencontré un homme, qui s'est montré entreprenant. Contre toute attente, j'ai accepté d'entamer une relation. Mes valeurs semblent s'être effondrées. Je n'aurais jamais cru pouvoir consentir à une relation sans engagement. Il est gentil, prévenant. Mais il n'est pas P, mon ancien compagnon. Il n'a pas son charisme, il n'a pas son incroyable présence, il n'a pas sa ferveur, sa passion, son intensité. Alors, le manque se fait sentir et je me demande si cette "normalité" ne me semblera pas, à tout jamais, trop fade.
Ce qui me soucie vraiment, ce sont les changements de mon comportement. Je me mets dans des colères noires, je me sens virulente, les choses m'irritent, je suis impatiente, exigeante, intransigeante. Cet homme, qui semble être tombé amoureux, n'est-il pas celui sur lequel je déverse ma colère ? je n'arrive absolument pas à me comprendre. Il a un caractère dominant, mais j'ai le sentiment d'être tyrannique. Suis-je devenue perverse à la place du pervers ? je ne me retrouve pas, tout m'échappe. Est-ce un comportement que d'autres ont connu ?
Merci.
# 11/01/2013 à 09:42 emilie
Coucou JCO

11 mois, ce n'est pas encore beaucoup, il faut attendre que votre corps et surtout votre esprit s'habitue à nouveau au commun des mortels. Cet homme semble banal et vous ne ressentez pas les mêmes palpitations qu'avec P mais c'est normal avec P, il vous avez conditionné à des sentiments sur-dimensionnements, à des sentiments qui n'existent pas dans une vie normal. P, vous a donné une fausse image de lui, une image d'un homme sur-naturel en quelques sortes, mais tout les hommes ne sont comme cela. Votre nouveau compagnon, est juste un homme normal avec ses qualités et ses défauts, avec une vie banale et normale. Vous n'allez jamais de votre vivre revivre les mêmes émotions qu'avec P, ce n'est pas possible à moins de retomber encore une fois sur un manipulateur, mais sinon ce n'est pas possible car ce sont des sentiments qu'ils ont crées en nous. De plus ne pensez vous pas qu'il est préférable d'avoir un homme gentil, prévenant plutôt qu'un homme charismatique et violent par les maux et parfois les gestes ? C'est vrai, vous n'allez pas revivre des moments comme dans les manèges à sensations fortes, et vous n'allez pas revivre des moments comme la descente du grand canoye ... Mais c'est cela la vie, une vie stable et seine, une vie ou l'on trouve le bonheur ... Après, votre nouveau compagnon n'est peut être pas l'homme de votre vie, mais essayez et lâchez prise un peu sans vous poser de questions ...
Vous n'êtes pas devenu manipulatrice, vous êtes juste encore dans votre période de reconstruction, de redécouverte de votre moi intérieur, alors patience ... courage
# 11/01/2013 à 12:47 Halto
Bonjour JCO,
J'en suis à 11 mois de séparation avec un manipulateur tout puissant et très charismatique aussi. A chaque fois qu'il dévie ses parents le compensent financièrement car l'argent sert dans cette famille de caution morale...a l'envers!(les parents n'ont pensé qu'à l'argent toute leur vie, et ne l'ont ni aimé ni éduqué donc on le compense)
Autrement dit, il a récemment chassé femme et enfants (moi ) et il vient d'obtenir deux maisons et une promesse de don important...Vous envisagez le gabarit du Pervers avec ces données?
Tout ça pour dire, que oui la colère est ENORME! Elle coule comme un torrent de lave par moments et la folie semble tourner autour de nous comme ces corbeaux d'Hitchcock qui attaquent du bec la tête des victimes. Mais si vous ne faites pas le point précisément de votre histoire et si vous ne suivez pas tous les conseils de SOS Pervers, vous mettrez beaucoup de temps à sortir de là. Vous avez le Guide de SOS Pervers en téléchargement sur votre ordi? Il faut tout lire et prendre des notes, faire le test, se faire une fiche conduite à tenir avec la roue de secours...
venir ici autant que vous en aurez besoin et raconter, raconter, faire le point, comprendre, donner du sens, savoir pourquoi, comment cet être là a pu vous ça...
vous comprenez? C'est avec la TETE qu'on sort de l'incompréhension et de la souffrance, pas avec l'émotionnel. D'autant qu'un Pervers n'a pas d'émotionnel, ce n'est donc pas à travers l'émotionnel qu'on peut le lire. Un Pervers a un projet. Vous voyez?
Ne prenez pas mal mon ton directif, mais je suis pressée. Et expliquez un peu plus pour qu'on puisse comprendre et vous soutenir. Enfin si vous vous sentez prête bien sur.
courage on est là.
# 11/01/2013 à 12:49 Victime
Bonjour JCO,

Vous avez eu raison de poster ici et sans arriver à vous donner des réponses, j'espère que nous arriverons à vous donner des pistes de réflexion.
Je rejoins Emilie, c'est exactement ça, la relation avec un PN n'a rien de terminé une fois la rupture faite.

Durant la relation avec le PN tous et toutes (je parle aussi bien des influencés que des PN) passent par les mêmes phases, approche, séductions, premiers froids, retour chauds, retour froids, ensuite mélange des deux, violence morale (évidentes ou pas), emprisonnement des raisonnements, etc...
L'après c'est à dire après la séparation d'avec le PN est aussi suivie de phases, que toutes et tous avons ou connaissons ou découvrons. Les premiers moments de ruptures sont souvent une fierté, un soulagement et tout de suite est suivi un grand manque, des questions, des réponses qui ne viendront jamais, des envies insoutenables de retourner à notre situation avec l'espoir d'une clarté que nous savons avoir déjà fantasmé et jamais obtenu. S'en suit des périodes cycliques de phases où l'on se sent très mal suivi d'une autre où l'on peut sentir la guérison. Malheureusement, chaque fois ce dernier sentiment est suivi par une "rechute" et nous paralyse, nous surprend, nous en venons à nous décourager, pensant que rien ne finira pour finir par en sortir à nouveau...etc...je pourrais continuer le cycle sur au moins 2 à 3 ans pour les cas les moins grave. Les périodes de rémissions se font de plus en plus grande et les mauvaises de plus en plus courte, tout ce chemin est fait de profondes réflexions, d'introspections, de questionnement sur soi et sur la relation avec les autres, c'est une période sacrément chahutée. Lisez certains témoignages, vous y découvrirez des personnes qui pensent qu'il vaut mieux couper les ponts avec certains, d'autres qu'il vaut mieux garder ses relations, rien n'est certain, on a tendance à régir un peu violemment, tout effacer, ne prendre que ce qui convient, mais on arrive même plus à définir ce qui convient.
Le pire dans tout ça c'est cette tentation de reprendre contact (je ne dis pas que c'est votre cas) est dévorante, c'est surtout la raison qui est intéressante dans votre cas, la raison qui nous dévore c'est cette incroyable complicité, ces qualités qui nous ont fait plonger jusqu'à oublier notre liberté de libre arbitre. Toutes ces qualités qui ne sont que des chimères dont on espère encore la concrétisation. Alors lorsqu'une autre personne arrive dans votre vie, comment accepter qu'elle ne le soit pas, comment accepter que ce qu'on pensait toucher du bout des doigts (ou plutôt du bout de ses rêves) soit encore présent, que vous n'ayez pas encore fait votre deuil de ce que vous n'aurez pas puisse être transposé vers une autre personne qui ne ment pas, ne cache pas et se retrouve avec ses propres qualités et non celles qu'il s'est inventées (et qui ne vous conviennent pas pour autant).
Je pense qu'il y a un travail à continuer, arriver à accepter qu'il n'y avait pas de réelle qualités chez le pn, accepter ce qu'il s'est passé, avoir une paix avec vous qui vous ouvrira alors les possibilités de jugements. Ce que vous décrivez n'est en rien de la méchanceté, c'est en tout cas ce que j'ai ressenti envers ma pn, je pense que vous êtes encore dans la tourmente.
Je ne vous juge pas et personne ne le fera ici, ceci n'est qu'une piste de réflexion enfin je l'espère.

Courage et surtout donnez vous du temps.

Victime
# 11/01/2013 à 14:56 Betty
Bonjour jco,
Je vous connais pour vous avoir lu avec assiduité sur un autre site.
Vous avez contribué sans le savoir à ma "guérison".
Vous êtes d'une extrême claire voyance, d'une grande douceur avec les autres. Et alors pourquoi tant de sévérité envers vous?
Je sais qu'il est toujours plus facile d'avoir du recul lorsqu'il s'agit des problèmes des autres que pour soi même.
Mon histoire est différente de la vôtre, puisque je suis mariée et ce pn est entré dans ma vie, la bousculant sans m'apercevoir de rien durant longtemps...
Je constate comme vous un changement dans mon caractère.
Alors qu'auparavant une intention manipulatrice, de la part d'une personne( non perverse) me paraissait une maladresse, et l'excusais presque instantanément, maintenant au contraire, elle me fait, comme vous, bondir.
Et pour mon entourage proche, je la pointe du doigt. Ce qui a bien sûr le don de l' agacer.
J'essaie autant que possible d'utiliser des paroles plus diplomates, de façon à ne pas les froisser. Mais comme vous, il m'est impossible de faire l'impasse sur ces comportements.
Mais je suppose que la vôtre de colère est énorme et encore sous pression.

Je vais être d'une grande banalité, si je vous disais que j'ai été séduite par un charisme et une personnalité comme jamais je n'ai rencontré!
Et il est vrai aussi que si j'avais eu à refaire ma vie sentimentale, après cette rencontre, aucun autre homme ne m'aurait fait tourner le regard vers lui de cette façon.
SAUF... Sauf que j'aime mon mari et qu'il a encore une plus grande estime à mes yeux.
Mes paroles me semblent tellement superficielles pour réussir à vous rassurer même un peu...
# 12/01/2013 à 18:38 april
Ourf ourf ma Jco, c'est April, de la boue plein les godasses, et des noeuds dans la lessive, hein? Les noeuds servent à rien? Bref, c'est tout moi d'être la dernière à bord ! Ma Jco, tout d'abord, je suis ravie que Victime vous ait répondue; j'ai senti, dans vos derniers posts,une sorte de lassitude et presque du regret, quelque chose de très furtif. Et le plus à même à répondre,de par sa situation, mais aussi un peu son "type" d'approche, me semblait être...lui.
(vous vexez pas les filles, ça c'est mon côté "répartition des passagers! Mais je suis très touchée que vous ayez répondu toutes!)
Ma Jco, ce qui m'a le plus frappé,sur sos, c'est précisément l'exigeance envers vous-même et qui transparait dans chacune de ces réponses. Vous répondez toujours de façon extrêmement juste, précise, et répondez ainsi non pas seulement à celui qui écrit, mais à tous ceux qui lisent ;et ce le plus souvent sans avoir besoin de recourir à des images, des sons, ni même souvent à votre exérience propre si cela n'est pas strictement nécessaire, et.. sans jamais vous perdre. Je sais combien, les premiers temps, l'opinâtreté de pv vous aura "transportée", sa tension permanente que vous appelez vous "intensité galvanisée;combien vous aurez sans doute appris ou découvert...toujours avec ce même "contrôle" qui nos vient de ce misérable parent pn.Contrôle de votre plaisir, contrôle de votre douleur, contrôle de vos actes etc... comme si chacune de vos actions ou pensées devait être validée par le Contrôleur des Lilas...Et, voilà, je m'égare... et si vous acceptiez de...vous égarer, de vous perdre? De perdre la raison? Ne plus envisager telle ou telle relation par rapport à ce que votre "raison" peut en "retirer" (dans le sens positif de ce temr) , mais au contraire, en rapport avec ce qui peut la faire...se retirer....
J'ai toujours beaucoup de mal à être claire sans image;mon côté lectrice des...Castors Juniors....Lorsque j'étais petite, l'"extraordinaire présence" de ma mère(fusionnelle à ce moment là),à la plage (rivière), me faisait prendre mes clics et mes clacs et m'installer ...sur l'autre rive...Là, je ne "pensais" plus à rien. L'idée du bonheur. Arriver à penser à rien. Que recherchent les clients d'un avion...l'évasion...parfois avant la destination. On s'évade plutôt qu'on ne découvre.Et si 'cétait ça, une "présence" extraordinaire?
Celle qui est capable de nous faire nous évader, mais en restant là? Le courant circulaire, au mileu de la rivière, qui nous fait tourner jusqu'à perdre la raison ou le courant avec un autre corps et qui nous fait tourner jusqu'à perdre la raison?
Nous sommes très différentes, Jco, vous toute en raison, moi toute en déraison. Quand j'ai connu pv, je me suis "rangée" du côté de cette raison, je me suis dit, voilà, c'est comme ma mère elle a dit (elle avait fait une pèlerinage, pour choisir entre 2 hommes, tu 'm'étonnes qu'elle devait cogiter). Voilà, c'est ça la "vraie" vie. Et l'amour "vrai", "c'est dans les actes les paroles n'ont pas d'importance"....toutes ces paroles de pv qui nous ont forgées.
Vous avez noté mes références aux messages du corps. Vous vous sentez encore en colère,quelque chose en vous gronde, mais vous êtes vous laissée aller vraiment à cette colère? Moi,j'avoue, oui, en prévenant mes fils "attention Houston, y a un problème; votre mère va exploser"; j'appelle ça le coup de pied meuble "Ikéa";et ça fait du bien.
Je pense que le corps a besoin de retrouver sa place; je sais combien l'absence de maternité peut engendrer souffrance et colère; je pense seulement qu'on peut trouver une sorte d'"alliance" avec la sensualité et la douceur à laquelle la première- amène quand l'altérité est vécue...vécue comme un courant circulaire...de façon circulaire...
Vos valeurs ne se sont pas effondrées, Ma Jco, ce qui s'effondre, ce sont ces fausses certitudes que le bonheur serait dans cette "perfection". Et là, notre Tim Burton à Emilie et moi, "c'est l'imperfection qui fait de nous des humains".
Et accepter de l'être, enfin imparfait, avec un être imparfait...en surface...
Oh là là, Jco, je ne sais pas si je vous ai répondu. Quant aux comportements, je vous répondrai une autre fois,oui, on peut avoir nous-mêmes des comportements parfois un peu pervers, mais nou ne sommes pas comme eux et ne le serons jamais. Ce sont des réflexe de survie,c'est parfois l'envie de détruire de peur que cela ne soit détruit avant etc
# 12/01/2013 à 18:42 april
Je vous embrasse, évidemment,pardon, dois filer!
# 13/02/2013 à 09:49 Fana
April,
J'essaie en vain de faire partie du site SOSpervers mais on me répond que je suis connue comme spam. Ayant vu que vous faisiez partie des deux sites, pouvez-vous demander à l'Admin de m'intégrer. Je suis certaine que je suis dans ses spams. S'il pouvait aller voir.
Je voudrais aller sur les deux sites ... ici et là car tous deux sont très riches en reconnaissance, en conseils. Mais je vous avoue, et ce n'est pas très sympa pour tous les autres, que ça fait du bien de voir qu'on n'est pas seule, qu'on n'est pas folle, qu'on est reconnue comme victime d'un monstre. Le mien, j'ai fait le test, a 9/9 ...
Merci de m'avoir lue et svp demande à l'admin ! J'ai assez été "spammée" par un monstre pendant 33 ans ... Merci
# 26/12/2013 à 13:09 jco
Bonjour à tous,

Je tiens à vous présenter mes excuses. Lorsque j'ai écrit mon message, je ne l'ai pas vu apparaitre. J'ai pensé avoir commis une erreur de manipulation. Ce n'est donc qu'aujourd'hui que je découvre vos réponses.
Et je viens vous remercier, pour votre écoute, pour vos réponses, votre soutien. Du temps a passé et je suis peut-être plus à même aujourd'hui de comprendre vos messages. Et il me font du bien, me permettent de poser les choses, parce que rien n'est acquis. Même si du chemin a été fait, je me sens encore "étrangère" à moi-même parfois, prisonnière d'un fonctionnement qui m'avait conduite vers lui. Alors, le travail n'est pas fini. J'avance avec un psychiatre mais le regard de personnes comme vous tous, ici ou sur un autre site, m'est d'une aide précieuse.

Encore merci et pardon pour ce long retard.
# 28/12/2013 à 07:45 Halto
Bonjour Jco,
je me sens encore "étrangère" à moi-même parfois, prisonnière d'un fonctionnement qui m'avait conduite vers lui
La sensation d'avoir été expulsée de soi, et incapable de rentrer chez soi (en soi) car on n'a plus les clés en quelque sorte, est bien décrite par les psys de SOS Pervers dans leur Guide de self défense. Pour moi cela fera deux ans en février que j'ai mis fin au leurre et au parasitage, et je n'ai pas encore récupéré toute ma personnalité non plus. Je ne me concentre plus comme avant, ma capacité de travail n'est plus la même, mes ressentis mes gouts et mes analyses ont changé. Je fonctionne moins bien , mais j'ai la sensation d'être tellement plus réaliste. Il me semble aussi que j'ai acquis la capacité de voir derrière les apparences, quasiment en toutes circonstances, tandis qu'auparavant des mondes d'illusions masquaient mes carences, mes incompétences et mes peurs. Autrement dit, j'en suis au point où je vois parfaitement ce qui se joue à l'extérieur de moi, tout en étant incapable de retrouver le confort d'un Moi (d'un "chez-moi", ou d'un "en-moi"). C'est ce que vous ressentez? Mais la fin des illusions, n'est-elle pas aussi la fin des certitudes confortables et rassurantes? La vérité ne coûte-t-elle pas le prix du confort? L'absence de confort ne génère-t-il pas de l'angoisse? Seulement est-il préférable de vivre riche d'illusions ou pauvre de réalités? Vaut-il mieux vivre chichement de joies rares mais certaines, ou bien à travers une profusion luxueuse de joies mensongères?
Par ailleurs ce "Moi" que l'on ne trouve plus si bien, n'est-il pas aussi notre "égo" au sens de l'orgueil? Je ne regrette pas personnellement d'avoir perdu cette partie de moi que je n'aimais pas : mon Orgueil. Cet orgueil affamé de beauté, d'intelligence et de succès. Cet orgueil est une peau de chagrin désormais qui tient dans ma main, mais qui me permet d'aimer les autres plus et mieux.
Cordialement, et de Joyeuses fêtes.
# 28/12/2013 à 16:06 jco
Bonjour Halto,

Merci pour votre réponse. Je ne la comprends pas totalement parce que je manque de recul ou que j'avance assez lentement. Je ne sais pas encore voir derrière les apparences. Je crois que je me trompe encore souvent. Et surtout, j'ai en permanence ce sentiment de culpabilité, qui me fait accepter des situations pas toujours confortables, qui me fait dire oui à beaucoup de demandes. Et si j'oppose un refus, parce que je suis vraiment trop fatiguée, je me sens mal, très vite, fautive, pas à la hauteur, pas généreuse, que sais-je encore. April m'apprend peu à peu que l'imperfection n'est pas condamnable, que l'on a le droit à l'erreur, que l'on peut "décevoir" sans que cela soit un point de non retour. Je le comprends mais je ne l'ai pas intégré, et j'ignore pourquoi. Chaque fois que j'ai l'impression de faire mal à quelqu'un, de blesser, cela me fait mal en retour. Parce que dire non me fait penser à un rejet. Et lorsque je dois dire non à des personnes particulièrement proches de moi, que j'aime pour leur générosité, je me sens mauvaise. Même si je sais, par ailleurs, que je ne peux pas leur donner satisfaction, que j'ai trop de travail, j'ai le sentiment de ne pas être à la hauteur de leur bonté.
Le confort en soi, je l'ai et je ne l'ai pas. Je parviens à me retrouver. Mais les angoisses dont je souffre depuis longtemps, les attaques de panique liées aux phobies m'épuisent chaque jour et ce n'est pas être bien avec soi-même.
Et que dire de l'ego ? Je n'en sais rien. Le "handicap", parce que c'en est un, que représente mon agoraphobie, me renvoie toujours à mes limites, mes incapacités, les manquements.
Il y a encore bien du chemin à parcourir. Merci de m'avoir donné des pistes.
Bonnes Fêtes à vous tous aussi.
# 28/12/2013 à 20:50 Halto
Bonsoir Jco,
Voir derrière les apparences n'a rien de mystérieux, ou de mystique dans le sens où je veux le dire. Je parle purement de manipulation. Le guide sos de self défense explique très bien comment les manipulateurs fonctionnent et quels sont leurs procédés pour envahir le psychisme de leur proie. C'est sur ces comportements que je me base pour voir qui se trouve derrière les apparences et quel est le but de l'approche. J'observe des choses simples comme le respect, la sensibilité, le narcissisme, la volonté de diriger ou d'imposer, la volonté de conditionner l'autre par la répétition, la qualité de la communication et j'en oublie des tonnes...
J'observe des choses plus sensibles comme mes sensations physiques, en présence des gens. Je cherche à voir quels intérêts les amènent vers moi. En fait, j'ai trois niveaux d'observation, si je compte bien : )
-les comportements
-mes ressentis épidermiques
- l'anticipation
Lorsque des choses me semblent pas claires ou équitables, je le dis. C'est ce que fait April par exemple (Ah je parle dans ton dos si je veux!!! Lol). Elle dit ce qu'elle pense mais sans agressivité. Je vois alors si l'autre accepte de respecter ma position ou non. Ce qui me parait très important c'est de marquer nettement la différence entre soi et l'autre, ou soi et les autres pour avoir cet espace vital d'autonomie qui garantit justement la liberté individuelle. Les pervers vous dénient cet espace là, et veulent le détruire pou prendre toute la place. Ils passent par l'agressivité ou l'humiliation pour détruire cet espace irreductible de liberté sans lequel on n'est plus que leur jouet.
Vous dites que vous ne savez pas dire "non", mais votre agoraphobie est un "non" pour moi. Est-ce que si vous vous autorisiez plus souvent à dire non, et éventuellement pourquoi vous dites non (fatigue, pas le temps, pas envie, ou parce que ça ne vous convient pas) est-ce que votre agoraphobie ne reculerait pas un peu? avez-vous essayé de voir si les deux choses ne sont pas liées?
Le fait de ne pas pouvoir dire non peut-être dû à un conditionnement culpabilisant dans l'enfance (auprès de ma mère un non était passible des pires sanctions ou humiliations. Si je disais non j 'étais clouée au piloris et martyrisée publiquement, poursuivie des semaines, des mois des années par sa frustration haineuse...), ou au fait de ne pas s'aimer suffisamment pour oser prendre sa place et s'affirmer. Mais ce n'est pas ce que les Pervers préfèrent. Ils aiment les personnes autonomes, et les personnalités affirmées au contraire. Les gens qui rayonnent et qui ont du charisme pour valoriser leur égo.
Lorsque vous dites non, pensez que si l'autre vous aime et vous respecte, il ne peut que comprendre et accepter ce refus.
Aucune relation ne peut vivre et durer si elle n'est pas fondée sur le respect de soi et de l'autre. En n'osant pas affirmer vos propres besoins à travers un "non" logique et justifié pour vous,vous ne vous respectez pas, et vous faites plus de mal à la relation qu'en disant oui.
Etant enfant j'étais chez les soeurs et l'une d'entre elle avait dit devant moi : "Le meilleur service que l'on puisse rendre aux autres est d'être soi-même".Mais je transformerais légèrement avec le pré-requis suivant : il faut s'aimer soi-même comme un autre.
Aussi je ne dirais pas "Aime ton prochain comme toi-même" mais plutôt"Aime toi comme tu aimes les autres" dans le cas des victimes de cette saleté de pervers.
J'espère que je ne vous ai pas saoulée ....ça c'est pas sûr!!! : )
Cordialement
# 29/12/2013 à 12:31 jco
Bonjour Halto,

Vous avez raison, ne pas pouvoir dire "non", ne pas en avoir le droit est en grande partie lié à mon histoire familiale, ne pas avoir le droit de revendiquer ses besoins, devoir taire ses peurs, devoir se faire le plus petit possible.
L'agoraphobie est arrivée après une longue période où j'ai "servi" tout mon entourage. J'ai été le pilier, jusqu'au jour où une maladie m'a mise hors service. Et la colère a grondé autour de moi, parce que je n'étais plus aussi utile et forte. Alors, les angoisses, les peurs, les phobies se sont développées comme autant de refus. Effectivement, c'est dire "non" puisque je ne peux plus faire les choses. Si je ne dis pas le mot, mon corps parle pour moi. Merci beaucoup.
Et non, vous ne m'avez pas saoulée. C'est April qui va être contente, elle me dit toujours de me laisser chouchouter. Voilà, c'est fait !
# 29/12/2013 à 18:53 Halto
: )
April a raison. C'est important d'apprendre à recevoir des choses, de savoir les accepter. Même si ce n'est pas facile quand on a reçu surtout des reproches, des motifs de culpabilité, des humiliations, des menaces, des calomnies, des sanctions, et l'abandon ...Car derrière tous ces mauvais traitements, il y a une grande solitude, et un abandon total.
Ma mère est une femme d'une grande méchanceté (jalouse, égoiste, sans aucune empathie...)mais persuadée d'être quelqu'un de bien grâce à sa B.... D'ailleurs elle répète à volonté"Je ne suis pas mieux que les autres parce que je suis croyante" (sous-entendu, je crois en Dieu donc je suis au-dessus de vous tous. Je suis la vérité, ou très près de la Vérité. Je fais partie des êtres choisis par Dieu en personne). La prochaine fois qu'elle me balance cette profonde ineptie, je lui répondrai que "Bien sûr que non! Il y a des millions de gens qui sont dans la religion, se prétendent croyants, et qui sont insensibles et sans bienveillance". Je lui ferais avaler sa B.... en petites coupures si je pouvais! Peut-être qu'elle l'assimilerait mieux par voie orale
Son aieul est un homme important dans le domaine de la religion. Je lui ai procuré ses écrits (livres, cantiques). Elle a aussitôt repoussé les ouvrages lorsqu'elle les a eus en mains alors qu'elle se gargarisait depuis des décennies d'avoir un grand-père qui, que...Elle n'éprouve de l'intérêt que pour les situations qui la flattent et la valorisent comme tous les PN, mais elle hait en réalité l'ombre portée par les gens doués. Elle hait tous les gens doués, et les gens qui disent "non ou peut-être, je verrai si je peux"....Tel Louis 14, elle a passé sa vie à embastiller des Fouquets. Surtout ses enfants évidemment!
Bref, savoir dire "non" après des décennies de ce régime traumatisant et déséquilibrant où les enfants nous étions les otages et les esclaves de son absolutisme de droit divin, pouvoir dire non est un luxe que je savoure chaque jour!!!!
J'aimerais vraiment que vous puissiez ressentir le bien-être que procure cette affirmation de soi qui n'a rien d'agressif ou d'opprimant pour les autres, mais qui libère l'opprimée qui est en vous.
Cordialement
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